Réflexions supplémentaires suite à Metropolis

Je sais, mon billet précédent était très vaporeux, mais bon, comme disait Lawrence « Great things have small beginnings ». Quoique je ne m’attends pas à ce que cette expérience devienne « grande », seulement intéressante.

Or donc, ce qui m’a frappé en regardant le film de Lang est à quel point cette oeuvre est riche. Outre la morale peu subtile du film – Il faut un intermédiaire entre la tête et les mains et c’est le coeur – le film inspire une multitude d’interprétations sans sembler prêcher et c’est ce qui fait un grand film: il dit beaucoup plus que son récit, sans le vouloir. J’adore ce type de film, le type qui me hante bien après la fin du générique. J’avais eu le même sentiment après The Dark Knight. J’étais resté dans mon siège un bon cinq minutes après la fin du générique, incapable de penser, incapable d’exprimer ce que je venais de vivre pendant plus de deux heures.

J’ai réfléchi à TDK pendant des semaines. D’ailleurs j’y pense encore! Je suis craintif de le regarder de nouveau de recommencer mon obsession sur ses diverses significations, désirées ou non.

Le cinéma est un divertissement, dit-on. Oui, c’est vrai, mais Hollywood avec ses gros machins peu subtils nous a fait oublié que l’on peut être divertis autrement qu’avec des explosions, des jokes flatulentes, des décibels et des pitounes et pitons. Des films comme Metropolis et TDK créent chez moi l’effet d’une explosion cérébrale. D’ailleurs, c’est l’effet recherché par 99% des créateurs de films, scénaristes et réalisateurs. Le problème est que le 1% est appuyé par la plus grande machine publicitaire et de distribution au monde.

C’est évidemment dommage. Malgré tout ce que l’on peut reprocher à Hollywood – e vous méprenez pas sur moi, j’aime les machins hollywoodiens, les bons machins hollywoodiens, ceux qui sont bien faits, ceux qui essaient de dire quelque chose mais en utilisant des millions de dollars en effets spéciaux. Ce que je méprise, ce sont les Michael Bay de ce monde qui construisent leurs films autour d’effets spéciaux, autour d’un ou une actrice et ensuite ils pensent au scénario.

(Rien de bien nouveau j’en conviens. Seulement le troisième billet…)

La Légende des Chevaliers aux 108 Étoiles

La mémoire est fascinante. J’étais chez Métrovidéo (Station Peel, en dessous du cinéma Paramount) et je bouquinais – ou devrais-je dire, blu-rayais? DVDais? – me promenant de section en section quand je me suis arrêté devant la section asiatique. Je jetais un coup d’oeil, sans m’attarder vraiment, car je ne connais pratiquement rien de ce cinéma. J’ai vu les films épiques qui ont été jugés acceptables pour Monsieur Tout le Monde en Amérique du Nord — Crouching Tiger, Hidden Dragon, Hero, House of Flying Daggers, etc —, mais je n’ai jamais poussé mon intérêt plus loin. Pourtant, j’ai tripé sur ces films.

J’étais donc devant cette section, songeur quand j’ai eu un flash. Je me suis remémoré quelque chose qui a été enfoui pendant trente ans, au fin fond de ma mémoire. Une série de kung-fu qui (je peux me tromper, ça fait une paie!) jouait à Radio-Canada les vendredis soir, l’été, probablement 78, 79 ou 80: La Légende des Chevaliers aux 108 Étoiles. J’avais tellement aimé cette émission. Je me souviens de la façon dont couraient les chevaliers, ils bondissaient, ils volaient. Je me souviens d’une scène où deux chevaliers se font face, immobiles, car le premier qui bouge, ne me demandez pas pourquoi!, est celui qui perd le combat! Je me souviens qu’avec des amis de quartier, on se prenait pour ces chevaliers. Faute d’épée on se contentait de sauter et courir comme eux. Ou du moins essayer. Ces images déterrées m’ont donné le goût de la revoir.

Une fois à la maison, j’ai fait mes recherches pour finalement découvrir que ladite Légende est chinoise, la série était japonaise, tournée en anglais et s’intitulait The Water Margin. Il y a eu depuis quelques films basés sur cette légende, dont un des célèbres frères Shaw. Il y a eu deux saisons de cette série qui n’est malheureusement — et sans surprise — pas disponible en DVD.

Je n’ai pas arrêté mes recherches. J’ai continué. Et j’ai trouvé ceci :

Le thème musical m’est revenu! Sans blague! Ça n’a fait qu’augmenter mon désir de la revoir et grâce à internet, c’est fait! Je commenterai après avoir regardé le premier épisode.

Metropolis


Je suis allé voir hier Metropolis au Cinéma du Parc. Il s’agit de la version « la plus complète » — faute d’être véritablement complète — du film : 145 minutes, soit vingt-cinq de plus que le précédent rapiéçage.

Je n’avais pas vu Metropolis depuis des lunes. Je me souviens surtout d’avoir apprécié le film surtout pour son aspect visuel, l’aspect narratif m’avait laissé sur ma faim. Il est cependant fort possible que ce fût parce que le film avait été charcuté de plus d’une heure, ce qui explique les problèmes de rythme, d’incohérence et les trous béants dans l’intrigue.

Et maintenant? Qu’en pense-je? Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un autre film entièrement, mais presque, du moins au point de vue du lien qui se crée avec le spectateur.

Disons que la version précédente se regardait de loin, comme une pièce de musée que l’on regarde et analyse froidement. Il était difficile de plonger dans cet univers et de ressentir les tensions du film tant le récit manquait de fluidité. Ça n’empêchait pas de pouvoir admirer le résultat partiel, ce qui n’est pas peu dire.

Cette version « presque » complète permet de pallier cette lacune. J’ai vraiment embarqué dans le film. L’histoire est devenue limpide et le spectateur n’a plus à deviner ce que contenaient les ellipses créées par les charcuteurs.

Il est vrai que l’intrigue n’est pas à la base très complexe, mais l’omission de certains éléments peut semer la confusion. Qu’arriverait-il à l’histoire du Petit Chaperon Rouge si l’on coupait la moitié de sa première rencontre avec le Loup? Cela apporterait une certaine confusion qui ne ruinerait pas le conte. mais créerait une incohérence.

Je désire maintenant louer la version précédente du film afin de découvrir les scènes qui ont été rajoutées ou remontées. Ça devrait être très instructif.