Intolérance envers les femmes portant le hijab

wpid-pastedgraphic-2013-10-2-12-341.png
PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

La Presse nous informe ce matin que plusieurs centres de femmes « sont inondés de témoignages de femmes, en majorité musulmanes, qui disent avoir été insultées, bousculées ou agressées dans l’espace public. »

Ces actes, malheureusement, étaient prévisibles depuis le jour où la fameuse charte a été déposée par Bernard Drainville. Non pas parce que les Québécois, et plus précisément les Québécois dits de souche sont intolérants, mais parce que la minorité raciste et intolérante qui se trouve dans chaque société y a lu ce qu’elle voulait bien y lire: comme eux, le gouvernement en a assez de ces foutus musulmans et cette charte va les remettre « à leur place ».

Cet effet pervers de la charte me rappelle une étude que j’ai lue il y a plusieurs années qui discutait d’un sujet très différent, soit l’efficacité de la peine de mort. En gros, l’étude disait que la peine de mort n’est pas efficace parce que l’État est le référent ultime de ce qui est bien et mal dans une société. Lorsque celui met fin aux jours d’un de ses citoyens, peu importe que ce geste soit mérité ou non, le citoyen comprend cette acceptation de la peine de mort non pas comme une punition ultime et exceptionnelle, mais comme un geste qui, dans certaines circonstances, est acceptable.

Le lien que je fais avec la charte est que contrairement aux voeux pieux du gouvernement, la perception xénophobe, ou plutôt, ne nous leurrons pas, antimusulmane que la majorité des gens ont de cette charte, agit d’une façon similaire chez les citoyens intolérants et leur donne l’impression que leurs gestes racistes ont l’approbation de la plus haute instance au Québec, soit le gouvernement.

Finalement, ce n’est pas tant la charte qui pose problème, mais le manque de discernement de ce gouvernement. Il a relancé le débat sur ce sujet extrêmement délicat comme si c’était un changement de quotas de pêche ou une réévaluation d’une subvention.

Si on ajoute à cette incompétence l’avis de certains politologues que Marois emprunte à Harper sa stratégie de « wedge politics » — politique de la division — dans le but de déclencher des élections à l’automne et d’ainsi rapatrier le vote francophone perdu à la CAQ, à l’incompétence il faut alors ajouter un cynisme désolant.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s